Pourquoi les enfants aiment-ils se faire peur ? et pas que les enfants d'ailleurs !! mais le "processus" est- il le même chez les adultes ?
Jouer à avoir peur, c'est en quelque sorte exorciser ses craintes quotidiennes, se faire monter l'adréline, avoir des sensations fortes. Bref, une thérapie dont nous avons tous besoin pour s'épanouir, se défouler...
Sorcières, loups, jeux dans le noir… Les enfants adorent se faire peur… mais pour de faux ! l'adulte lui aussi reproduit cela en cherchant toujours la peur, mais le processus est il différent ?
La peur-plaisir :
La peur est l'occasion d'exercer sur soi même ses propres pouvoirs d'action. Faire activement ce que l'on subissait passivement est l'un des moyens le plus sûr de vaincre sa peur ou du moins de la controler de la maitriser à un certain degré, la tester se tester et c'est une épreuve dont on ne se lasse jamais, même inconsciemment. C'est ce qui pousse l'enfant à jouer de ses propres peurs (cache-cache, guignol, histoires) et par là, à la transformer en plaisir...
Prendre le dessus sur sa peur :
Beaucoup d'enfants aiment se rendre au zoo. Pour eux, c'est l'occasion d'approcher des bêtes féroces, de flirter avec le danger et donc de se mesurer à leur peur. En s'approchant de la cage aux lions alors que la peur leur intime l'ordre de reculer car les lions pourraient bondir, ils testent le pouvoir qu'ils ont sur eux-mêmes. Et s'ils y arrivent, ils en tirent alors une grande satisfaction due à une impression de puissance, de contrôle sur leur peur et sur eux mêmes, et la certitude d'avoir grandi. ils ont la fierté de vaincre leur peur.
Le plaisir d'avoir peur pour avoir le plaisir de se voir maitriser sa peur... se pousser à ses limites avoir des émotions fortes, se sentir vivre, vibrer, palpiter, biensur en se faisant cela soi même on garde alors un certain controle et la peur est donc elle aussi controler, donc la peur devient plaisir puisqu'on la maitrise, une peur "pour de faux !" après tout la peur est une histoire de gout et de personalité .. chacun selon son éducation réagit, s'inquiete, surmonte différement la peur ... d'ou l'importance de l'enfance dans ce role psychologique ...
C'est comment notre esprit a été forgé que l'adulte transforme ses peurs, comparé à l'enfant qui teste encore ses peurs ... revenons au cinéma ... un film que l'on regarde enfant nous fait peur, quelque soit la raison ... on le regarde adulte, on aura pas ou moins peur, car notre esprit aura muri, c'est normal, mais on prendra aussi un certain plaisir à "se faire peur" devant un film ...
C'est là que rentrent d'autres notions et degrés de la peur. le suspens, l'énigme, le mystere, la hantise, l'agressivité, la surprise... tous cela renvois la peur à d'autres sentimentsqui lui sont souvent indissociable : la curiosité, la violence, bref des instincts naturels de l'homme ... en même temps, la peur est naturellement un moyen de parer au danger ...on "fuit" devant celui ci, pourquoi ? car la peur de cette chose nous le dicte ... après évidemement tout le monde ne réagit pas de la même façon on ne peut que difficilement faire de cas général, certain ont tellement peur qu'elle les paralyse, d'autres très stoiques ou ... la vindicativité est d'ailleurs une sorte d'agression lié à la peur cynique sous-jacente donnée en réponse à une autre aggression, cause de cette peur, consciente ou sub-consciente, mais toute réaction est d'abord isntinctive avant d'etre calculée.
D'ou le sursaut parfois réactif à certaines choses qui en fait le coup de sang passé ne nous effraient pas du tout !
Le jeu peut constituer pour l'enfant un moyen de se délivrer de certaines peurs ou, mieux encore, de transformation de la peur en plaisir.
Bruno Bettelheim dit dans Psychanalyse des Contes de Fées : "Tel conte peut en effet angoisser l'enfant, mais à mesure qu'il se familiarise avec les contes de fées, les aspects effrayants tendent à disparaître, tandis que les traits rassurants gagnent en importance. Le plaisir initial de l'angoisse devient alors le grand plaisir de l'angoisse affronté avec succès."
Ainsi dans la vie d'adulte le shémas relationnel est similaire et c'est avec plaisir que nous allons voir des films d'horreur au ciné, soit y découvrir de nouvelles peurs, soit y redécouvrir les adaptations des maitres du genre , dont la réalisation et les moyens plongent le spectateur dans le coeur du film, réalisation qui va créer un climat précis selon l'impact recherché, jouant avec la tension et l'intrigue jusqu'à son dénouement; on peut d'ailleurs noter la frustration de 80% d'entre eux dans le cas ou il n'y a pas de "happy end".
cependant maitriser sa peur c'est différent dans la vie d'adulte lorsqu'il reste des peurs foncierement tangibles et qui ne sont pas maitrisées, ce dernier a des réactions différentes du à son expérience etc ... devant nos peurs nous sommes tous plus ou moins désarmés.et tout le monde a ses propres démons, même si l'adulte est désensiblisé voir vacciné contre le genre de peurs qu'on les enfants !!
la peur niée ... La peur à l'origine de l'homme?
Au début était la peur…La peur à l'origine de l'imagination. Pourquoi pas ? Avoir peur c'est se représenter le danger (sinon pourquoi avoir peur ?) Imaginer que l'on peut tomber par exemple. Imaginer les conséquences (effrayantes) de sa chute (si on tombe de haut). Ça peut aller jusqu'à la panique (le vertige par exemple est une phobie difficile à enrayer). Bien sûr c'est aussi une sûreté (la peur peut inviter à un minimum de prudence). Ce serait d'ailleurs peut être sa fonction première. Comme celle d'ailleurs de préparation de l'organisme au «combat ». L'imaginaire c'est l'homme. L'animal ne peut imaginer; et pourtant, il a ce même instinct de survie que nous il ressent lui aussi la peur,mais l'homme est un animal, sauf que, je pense, donc je suis; nous avons la conscience, qui nous aide à maitriser ou à provoquer nos peurs, à agir avec, à en jouer. L'imaginaire c'est aussi le désir (qui est toujours une représentation). L'homme ne devient vraiment humain qu'à partir du moment où il traite la peur (c'est sans doute l'origine des religions.) Ou le désir par l'imaginaire. Voilà qui est à peu près admis.
Peur du désir et désir de peur.
parlons de religion, d'humanisme moderne, d'actualité ...Il s'agit de la «solution religieuse » : exorciser la peur de la mort en l'incarnant (le diable ou le malin étant si l'on veut l'incarnation de la peur. Et à la base des grandes religions monothéistes.) Ainsi la peur du désir se change en désir de la peur, selon l'alchimie religieuse. N'oublions pas que la peur de la mort symbolise toutes les peurs (celle de l'échec, de la solitude, de la souffrance, de la fin…) apres tout ne dit on pas que quiconque qui n'a pas conscience de sa propre fin est fou ou dénué de conscience ?... ou pire ! un jour, il faut bien se révolter contre cette alchimie dialectique. Ce fut l'objet du désenchantement weberien.
la grande folie représente la peur panique d'une phobie non maitrisée et donc insoutable, même de façon sous-jacente ou inconsciente ... les peurs de la vie de tous les jours. on le voit aux actualités ... La réponse sanglante de la peur se voit dans les excés de l'intégrisme. certains ont peur de ce qu'ils ne connaissent pas ou juste de ce qui est différent. pour se protéger ils se refugient dans la violence, Vieil exorcisme sauvage. Celui de la jouissance éternelle du paradis intégriste. Le désir de mort, baignant dans la plus grande peur… celui qui détruit une chose se rend maitre de cette chose ! combattons ce qui nous fait peur par nos plus grandes armes, éradiquons là puisque nous ne pouvons la dompter.
La peur fait faire bien des folies. car l'homme s'entete et Et l'homme a bien souvent tendance à vouloir remplacer une folie par une folie bien supérieure. Je profite de l'occasion pour saluer respectueusement ceux qui se battent modestement dans la boue rouge des pauvres conflits afin d'y mettre un supplément d'âmes et de raison...
a suivre...
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